Arrêt de travail et indemnités journalières : ce que vous recevez vraiment

Un arrêt de travail de plusieurs semaines, ça n’arrive qu’aux autres — jusqu’au jour où ça arrive. Et là, la vraie question n’est plus médicale : c’est financière. Combien va-t-on vous verser pendant que vous êtes immobilisé ? La réponse est souvent décevante, et pas toujours là où on l’attend.

Ce que verse l’Assurance maladie en cas d’arrêt

Les indemnités journalières de la Sécurité sociale (IJSS) sont calculées sur la base de votre salaire brut des trois derniers mois, avec un plafond fixé à 1,8 fois le SMIC. En 2025, leur montant journalier brut est plafonné à environ 52,28 €. Le taux de remplacement atteint 50 % du salaire journalier de base, porté à 66,66 % à partir du 31e jour si vous avez au moins 3 enfants à charge.

Un délai de carence de 3 jours s’applique systématiquement pour les arrêts d’origine non professionnelle. Autrement dit, vous ne percevez rien pendant les 3 premiers jours. Pour un salarié gagnant 2 500 € nets par mois, les IJSS représentent généralement entre 40 et 55 % du salaire net habituel — une perte significative sur la durée.

Des cas particuliers ouvrent droit à un taux de 100 % : les affections de longue durée (ALD), les accidents du travail ou les maladies professionnelles. Hors de ces situations, la Sécurité sociale ne maintient jamais l’intégralité de vos revenus.

Prévoyance et mutuelle santé : deux couvertures à ne pas confondre

Le maintien de salaire par l’employeur : qui en bénéficie ?

Pour les salariés du secteur privé, la loi de mensualisation de 1978 impose à l’employeur un maintien de salaire dès 1 an d’ancienneté, mais les modalités varient selon les conventions collectives. Dans de nombreux secteurs, le maintien à 100 % n’est garanti que pour une durée limitée — souvent 30 à 90 jours — avant que le salaire ne descende à 75 % ou moins.

Pour les fonctionnaires, le régime est différent : le traitement est maintenu à plein tarif pendant 3 mois, puis réduit à la moitié pendant les 9 mois suivants (en cas de maladie ordinaire). Là encore, la durée protégée est limitée, et un arrêt long peut rapidement mettre le foyer sous pression financière.

Voici les situations qui creusent le plus l’écart entre salaire habituel et revenus perçus en arrêt :

  • Travailleurs indépendants : les IJSS sont très faibles (calcul sur la base du revenu déclaré, souvent optimisé fiscalement)
  • Salariés avec moins d’1 an d’ancienneté : aucune obligation légale de maintien de salaire par l’employeur
  • Salariés en temps partiel : l’assiette de calcul des IJSS est plus faible
  • Arrêts supérieurs à 3 mois : la plupart des accords de maintien expirent avant cette durée

La prévoyance pour combler ce que la Sécu ne verse pas

C’est précisément dans ces zones d’ombre que la prévoyance individuelle ou collective joue son rôle. Un contrat de prévoyance prévoyance verse des indemnités journalières complémentaires qui s’ajoutent aux IJSS pour reconstituer tout ou partie du salaire net. Certains contrats garantissent un maintien à 80 ou 90 % du revenu net de référence, dès le premier ou le huitième jour selon les options choisies.

Pour les cadres, une prévoyance collective est souvent obligatoire en vertu de l’accord national interprofessionnel de 1947, qui impose au moins 1,5 % de la tranche A du salaire consacrée à la prévoyance. Pour les non-cadres, le contrat reste majoritairement facultatif, même si beaucoup de conventions collectives le prévoient. Avant de souscrire, pensez à vérifier ce que votre contrat de travail ou votre convention prévoit déjà.

La prévoyance couvre aussi l’invalidité permanente — une situation que les IJSS ne prévoient pas au-delà de 3 ans d’arrêt continu. Dans ce cas, le versement bascule vers une rente d’invalidité, dont le montant dépend du taux d’incapacité reconnu (50 à 66 % du salaire moyen annuel pour les taux les plus courants). Un contrat de prévoyance bien calibré évite que cette transition ne creuse davantage les revenus du foyer.

Cet article ne constitue pas un conseil médical ou juridique personnalisé. Si vous traversez un arrêt de travail de longue durée et que vous avez des questions sur vos droits, rapprochez-vous de votre médecin traitant, de votre CPAM ou d’un conseiller en protection sociale. Ne tardez pas à consulter si des symptômes persistent ou s’aggravent.

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