On pense souvent que l’audition ne se surveille qu’à partir d’un certain âge, quand la télé monte toute seule et qu’on rate une conversation sur deux. En réalité, le dépistage auditif commence dès la naissance — et s’échelonne tout au long de la vie selon des étapes bien précises. Voici ce que vous devez savoir pour ne pas passer à côté.
Le test auditif dès la naissance : une obligation en France
On pourrait croire que l’audition se vérifie surtout à un âge avancé. Pourtant, le dépistage commence dès les premières heures de vie. Depuis l’arrêté du 23 avril 2012, le dépistage de la surdité permanente néonatale est obligatoire en France et doit être proposé à toutes les familles en maternité. Ce test repose sur les oto-émissions acoustiques provoquées (OEAP), une technique qui ne nécessite aucune coopération du nourrisson.
Les troubles de l’audition concernent environ un bébé sur 1 000 à la naissance. Un chiffre qui peut sembler faible, mais dont les conséquences sur le développement du langage et des apprentissages sont majeures si aucune prise en charge n’est initiée rapidement. La HAS a d’ailleurs publié en juillet 2025 de nouvelles recommandations pour renforcer et uniformiser ce dépistage sur tout le territoire.
Si le résultat du premier test est inconcluant, un second examen est réalisé avant la fin du troisième mois. En cas de diagnostic confirmé, l’objectif est d’initier la prise en charge avant la fin de la première année de vie, période clé pour le développement auditif et langagier.
Enfants et adolescents : à quel âge surveiller l’audition ?
Après le dépistage néonatal, l’audition doit rester sous surveillance, notamment entre 4 et 6 ans. Un test auditif gratuit et en ligne peut constituer une première étape utile avant une consultation spécialisée. Cette tranche d’âge est particulièrement concernée par les otites séreuses, une affection courante susceptible d’entraîner une perte auditive légère mais suffisante pour perturber l’entrée dans la lecture et le langage.

Plusieurs signaux doivent alerter : un enfant qui ne réagit pas normalement aux bruits, qui présente un retard de langage, qui paraît distrait en classe ou qui enchaîne les otites mérite un bilan sans attendre. À l’adolescence, l’exposition prolongée aux casques à volume élevé devient une préoccupation sérieuse : l’OMS estime que 80 % des jeunes de 12 à 35 ans s’exposent à des niveaux sonores dangereux lors de leurs loisirs.
Un bilan est recommandé dès l’apparition de sifflements persistants ou d’une hypersensibilité au bruit. Plus le problème est identifié tôt, plus la prise en charge sera efficace.
Adultes : un premier bilan dès 50 ans, même sans symptôme
Chez l’adulte, le dépistage est généralement proposé à partir de 45 ans en médecine du travail pour les professions exposées au bruit. De façon générale, un premier bilan complet est recommandé à 50 ans, même en l’absence de gêne perceptible. C’est à cet âge que la presbyacousie — la baisse d’audition progressive liée au vieillissement — commence à se manifester. Elle concerne environ 10 % des 50-60 ans, puis un tiers des plus de 65 ans et la moitié des plus de 75 ans, d’après les données de la DREES.
Le risque de temporiser est bien réel : plus on attend pour consulter, plus le cerveau « désapprend » à traiter certains sons, ce qui rend la rééducation auditive plus longue et plus complexe. En France, environ 5,5 millions de personnes souffrent aujourd’hui de limitations fonctionnelles auditives moyennes à lourdes.
Une prise en charge précoce facilite considérablement l’adaptation à un appareillage si celui-ci s’avère nécessaire. C’est l’un des arguments les plus solides pour ne pas remettre ce bilan à plus tard.
Passé 60 ans : un contrôle annuel recommandé
La fréquence des bilans doit s’intensifier avec l’âge. Entre 50 et 60 ans, un contrôle tous les deux à trois ans est raisonnable en l’absence de trouble identifié. À partir de 60 ans, un suivi annuel est conseillé. Voici les grandes étapes à retenir :
- Dès la naissance : dépistage néonatal obligatoire en maternité (arrêté du 23 avril 2012)
- Entre 4 et 6 ans : bilan conseillé pour détecter les surdités liées aux otites séreuses
- À 45-50 ans : premier bilan adulte complet, même sans symptôme
- À partir de 60 ans : contrôle annuel pour anticiper toute dégradation
Une mention importante : une perte soudaine de l’audition sur une ou deux oreilles, en quelques heures ou au réveil, constitue une urgence médicale absolue. Dans ce cas, il faut se rendre immédiatement aux urgences ou chez un ORL, sans attendre un rendez-vous en centre auditif.
Les informations contenues dans cet article ne remplacent en aucun cas l’avis d’un médecin ou d’un spécialiste ORL. Si vous ressentez une gêne auditive, des acouphènes ou toute modification de votre perception des sons, consultez un professionnel de santé sans tarder.

