Au cinquième mois, les jambes tirent, les chevilles marquent, et une veine bleutée dessine son trajet sur le mollet. Beaucoup de femmes découvrent leurs premières varices pendant une grossesse, sans savoir si elles resteront là pour toujours. La réponse est plus rassurante qu’on ne l’imagine, à condition de savoir ce qui se joue.
Pourquoi la grossesse fait-elle apparaître des veines dilatées ?
Deux phénomènes agissent en même temps. Les modifications hormonales relâchent la paroi des veines, tandis que l’utérus qui grossit comprime les vaisseaux qui remontent des membres inférieurs vers le cœur. Le volume sanguin augmente lui aussi tout au long de la grossesse, ce qui sollicite un réseau veineux déjà mis à l’épreuve.
Le résultat se traduit d’abord par une sensation de jambes lourdes en fin de journée, accentuée par la chaleur et la station debout. Puis certaines veines superficielles se dilatent durablement, surtout chez les femmes dont la famille compte déjà des cas. Les valvules qui empêchent normalement le sang de refluer ferment alors moins bien, et le sang stagne dans le vaisseau.
L’Assurance Maladie souligne un point que beaucoup de futures mères ignorent : le risque augmente avec le nombre de grossesses. Une première grossesse peut passer sans laisser de trace visible, alors qu’une deuxième ou une troisième révèle une fragilité veineuse jusque-là silencieuse.
Des varices ailleurs que sur les jambes pendant la grossesse
Les mollets et les cuisses ne sont pas les seules zones concernées. Des varices peuvent se former au niveau de la vulve et du périnée, une localisation rarement évoquée en consultation alors qu’elle touche un nombre non négligeable de femmes enceintes.
Ces varices génitales entraînent des démangeaisons, une pesanteur locale et parfois des douleurs pendant les rapports sexuels. Rien de tout cela n’est anodin à vivre, et rien ne justifie de le garder pour soi : la sage-femme ou le gynécologue connaissent bien ce tableau.
Voici les manifestations qui méritent d’être signalées lors du suivi de grossesse :
- des veines dilatées de plus de 3 millimètres de diamètre sur les jambes ;
- une pesanteur ou des démangeaisons au niveau de la vulve et du périnée ;
- des œdèmes des chevilles qui ne cèdent plus le matin au réveil ;
- un mollet chaud, dur et douloureux d’un seul côté, qui impose un avis médical immédiat.
Ces varices disparaissent-elles après l’accouchement ?
Dans la majorité des cas, oui. Les varices apparues au niveau de la vulve et du périnée diminuent ou s’effacent après la naissance, une fois la compression utérine levée et l’équilibre hormonal revenu.
Les varices des jambes suivent une trajectoire moins uniforme. Certaines régressent nettement dans les mois qui suivent, d’autres se stabilisent en laissant une veine visible qui ne bougera plus, signe que la paroi veineuse a durablement perdu son élasticité.
Le port d’une compression médicale prescrite pendant la grossesse limite la dilatation et soulage les symptômes, sans garantir à lui seul l’absence de séquelle. Un contrôle chez un médecin vasculaire quelques mois après l’accouchement permet de faire le point sereinement, avec un écho-doppler si la gêne persiste.
Un geste sur une veine des jambes ne s’envisage pas dans la foulée de l’accouchement. L’organisme continue de se réorganiser pendant plusieurs mois et l’allaitement modifie encore l’équilibre hormonal, ce qui rend une évaluation trop précoce peu fiable. Le médecin vasculaire se prononce sur une situation stabilisée, pas sur un tableau en pleine évolution.
Ces informations n’ont pas vocation à remplacer le suivi médical de la grossesse. Toute douleur d’un mollet, tout gonflement brutal d’une jambe ou toute veine devenue dure et rouge doivent conduire à consulter sans délai : seul un professionnel peut écarter une complication.
