Perte d’audition : comment savoir si l’on entend moins bien ?

La télé monte d’un cran chaque mois, le « tu peux répéter ? » devient un tic de langage, et au restaurant on hoche la tête en devinant la fin des phrases. Rien d’alarmant en apparence, juste des gens qui articulent mal.

Sauf que l’oreille ne prévient pas. Une audition qui baisse s’installe à bas bruit, souvent pendant des années, et c’est presque toujours l’entourage qui s’en rend compte le premier. Quelques repères permettent de séparer la simple impression du vrai signal.

Quels signes montrent que l’on entend moins bien ?

La première alerte ne ressemble pas à du silence. En cas de presbyacousie, la perte touche d’abord les sons aigus, si bien que la personne entend mais ne comprend pas, résume l’Assurance Maladie. Les voix restent audibles, mais les consonnes se brouillent et les mots perdent leur netteté. Plusieurs comportements du quotidien trahissent cette gêne. Voici ceux que retient l’Assurance Maladie dans sa liste des signes d’alerte d’une surdité :

  • faire répéter, ou répondre à côté de la question ;
  • tourner la tête pour écouter avec la « bonne » oreille ;
  • décrocher dès que plusieurs personnes parlent en même temps ;
  • augmenter le son de la télévision et mal comprendre les dialogues au cinéma ;
  • rater la sonnerie du téléphone ou ne plus percevoir le chant des oiseaux.

Des bruits parasites dans les oreilles, les acouphènes, justifient eux aussi un contrôle, avec ou sans baisse ressentie. Même chose en cas de vertiges, d’otites à répétition ou de surdité survenue avant 50 ans dans la famille.

Comment faire le point sur son audition sans attendre ?

Un premier repérage se fait depuis son canapé. L’application Höra, proposée gratuitement par la Fondation pour l’Audition, fait reconnaître des séries de trois chiffres dans le bruit, en 3 minutes. Après 60 ans, le questionnaire HHIE-S publié sur ameli.fr donne une probabilité chiffrée : un score de 10 à 16 points correspond à 74,5 % de risque de déficience auditive.

Ces autotests ne remplacent pas une mesure en cabine insonorisée. D’où l’intérêt de réserver un bilan auditif gratuit chez un audioprothésiste comme Audition Marc Boulet, présent dans 61 centres en Île-de-France et dans l’Oise. L’audiométrie tonale y repère, oreille par oreille, le son le plus faible perçu sur chaque fréquence, tandis que l’audiométrie vocale vérifie la compréhension de mots diffusés à différentes intensités. Un test de compréhension dans le bruit complète l’examen, précieux pour ceux qui entendent bien au calme mais lâchent prise dans une brasserie animée. Ces tests restent à but non médical : ils objectivent une gêne et orientent la suite.

Le diagnostic, lui, revient au médecin. En cas de résultat anormal, le médecin traitant oriente vers un ORL, qui réalise un audiogramme et identifie l’origine de la perte. Seul un ORL, ou un généraliste formé en otologie, peut prescrire une première aide auditive.

Pourquoi l’audition baisse-t-elle, avec l’âge ou plus tôt ?

La cause la plus répandue porte un nom, la presbyacousie. L’oreille perd en moyenne 0,5 décibel par an à partir de 65 ans, 1 décibel à partir de 75 ans et 2 décibels après 85 ans. Le rythme varie beaucoup : certains entendent encore bien à 80 ans, d’autres sont gênés dès 50 ans.

Le vieillissement de la population va amplifier le phénomène. L’Assurance Maladie estime qu’une personne sur trois souffrira de presbyacousie en France en 2050, et l’Organisation mondiale de la santé relève déjà une déficience auditive incapacitante chez plus de 25 % des plus de 60 ans.

L’âge n’explique pas tout. Le bruit abîme durablement l’oreille interne, et l’OMS compte plus d’un milliard de jeunes adultes exposés par leurs habitudes d’écoute, avec des écouteurs réglés trop fort notamment. Bouchons de cérumen, otites, traumatisme crânien ou médicaments dits ototoxiques complètent la liste, avec parfois une gêne passagère, comme une oreille bouchée après un rhume.

Perte d’audition : quand consulter et comment s’équiper ?

Une situation ne tolère aucune attente, la surdité brutale. Quand l’audition chute en quelques secondes, souvent d’un seul côté, ou quand les symptômes persistent après un bruit très violent, l’Assurance Maladie recommande de consulter en urgence à l’hôpital, car le traitement doit démarrer vite.

Pour une baisse progressive, tout commence chez le médecin traitant. Agir tôt facilite l’adaptation à un appareil, alors qu’une presbyacousie négligée expose à l’isolement, à la dépression et à un risque accru de troubles cognitifs. Côté budget, le dispositif 100 % Santé a changé la donne pour les adultes de 20 ans et plus :

Type d’aide auditive Prix de vente Remboursement
Classe I (100 % Santé) plafonné à 950 € par oreille intégral, sans reste à charge avec une complémentaire responsable
Classe II libre 60 % d’une base de 400 € par oreille, le reste selon la mutuelle

Avant l’achat, l’audioprothésiste doit proposer un essai de 30 jours minimum, et les appareils de classe I sont garantis 4 ans. La prise en charge se renouvelle ensuite tous les 4 ans,. Nos autres conseils pratiques sont réunis dans la rubrique maux du quotidien.

Ces conseils ne remplacent pas l’avis d’un professionnel de santé. Si vous entendez moins bien depuis quelques semaines, si une oreille siffle sans relâche ou si douleur, écoulement ou vertiges accompagnent la gêne, consultez votre médecin sans tarder.

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